Le logo du Fonds monétaire international (FMI) à son siège à Washington
La croissance de l'activité économique en zone euro va ralentir cette année et l'inflation bondir, ce qui devrait contraindre la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux d'intérêt, même si les perturbations causées par la guerre en Iran s'estompent d'ici le milieu de l'année, déclare mardi le Fonds monétaire international (FMI).
Le bloc monétaire, qui importe la majeure partie de son énergie, est particulièrement vulnérable à la flambée des coûts énergétiques, d'autant plus que la guerre menée par la Russie en Ukraine a déjà mis à rude épreuve l'accès du bloc aux ressources essentielles.
Dans ses perspectives actualisées sur l'économie mondiale, le FMI prévient que la croissance de la zone euro va ralentir à 1,1% cette année après 1,4% en 2025. Cette prévision est inférieure à celle de 1,3% donnée en janvier.
"L'impact de la guerre s'ajoutera aux effets persistants de la hausse des prix de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce qui pèsera sur le secteur manufacturier, avec une pression supplémentaire due à l’appréciation réelle de l’euro par rapport aux devises des pays exportant des produits similaires", explique le FMI.
Le fonds se montre toutefois plus optimiste que la BCE, qui a dit prévoir le mois dernier une croissance de 0,9% cette année.
La hausse prévue des dépenses dans la défense atténuera en partie le ralentissement attendu mais la progression de ces dépenses étant relativement lente, l'effet positif devrait se concrétiser plus tard, explique le FMI.
L'inflation devrait quant à elle bondir à 2,6% en 2026, contre 2,1% l'an dernier, selon le scénario de référence du FMI, qui implique que la guerre au Moyen-Orient aura une durée, une intensité et une portée limitées, permettant ainsi aux perturbations de s'estomper d'ici mi-2026.
Face à cette inflation accrue, le taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à 2%, devrait augmenter de 50 points de base au cours de l'année, a indiqué le FMI.
Les investisseurs ont d'ores et déjà intégré une hausse des taux d'ici juin, partant du principe que la BCE voudra envoyer un signal précoce indiquant qu'elle ne tolérera pas que l'inflation se propage au-delà du secteur de l'énergie et génère une spirale des prix via des effets dits de second tour.
A l'instar de la BCE, le FMI a aussi établi des scénarios "défavorable" et "sévère" qui laissent entrevoir des répercussions plus importantes du conflit au Moyen-Orient sur la croissance mondiale et l'inflation.
(Rédigé par Balazs Koranyi ; version française Blandine Hénault)

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